Le burkini, une provocation insupportable pour l’art de vivre français

Le burkini, une provocation insupportable pour l’art de vivre français

Publié le 31/08/2016 à 16h15

FIGAROVOX/TRIBUNE – Après les médias anglosaxons, c’est au tour de l’ONU de critiquer la polémique française sur le burkini. Pour l’écrivain Gilles Cosson, c’est oublier que ce vêtement est en contradiction flagrante avec les us et coutumes français.


Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, diplômé du M.I.T. et docteur ès Sciences économiques, ancien cadre dirigeant dans l’industrie, Gilles Cosson est écrivain, auteur de nombreux romans et essais parus chez Flammarion, chez Plon et aux Editions de Paris. Il a dernièrement publié Debout citoyens: contre la décadence (éd. Fauves, 2015).


Des voix s’élèvent du côté anglo-saxon pour critiquer le rejet du burkini par l’opinion française. C’est simplement que ceux-là n’ont rien compris à notre façon d’être.

Depuis l’amour courtois au Moyen-Âge et plus encore depuis la Renaissance, les Français aiment les Françaises avec tous les attributs de leur sexe, coquetterie comprise. Ils adorent être chatouillés, stimulés, agacés, par les mille et une ruses du genre opposé. Pour tout dire, ils chérissent ces ruses, car ils y voient un élément nécessaire à ce «commerce» qui fait du contact avec les femmes un merveilleux plaisir, non pas seulement de nature sexuelle, mais de conversation, d’échange, d’étonnement réciproque. Eh oui, Messieurs les Anglais, vous devriez savoir que la France est un des rares pays où le contact des sexes est non seulement une nécessité biologique, mais un pur plaisir, celui de la pratique de la différence que la nature nous a accordée pour notre plus grande satisfaction.

Quant à ceux que ces coutumes hérissent, qu’ils se souviennent que le monde est vaste ; qu’ils aillent donc vivre dans les pays anglo-saxons.

Depuis les cours d’amour de la Narbonnaise en passant par François Ier le magnifique, par Henri IV le Vert galant, par Mirabeau l’enjôleur, par Aragon le poète, sans oublier tant de grands hommes, les Français, voyez-vous, ont aimé les femmes pour tout ce qu’elles représentent. Et les Françaises le leur rendent bien.

C’est cela, l’art de vivre français. Même les plus austères de nos compatriotes le comprennent et l’admettent avec l’indulgence que l’on a pour la gourmandise partagée. Ah, les sourires irrésistibles, les corsages entrebâillées, la chevelure agitée par le vent, mais aussi, la finesse, la compréhension, la joie des confidences, pas nécessairement sur l’oreiller, tout cela est enchanteur.

On nous dit qu’au nom du respect des différences, il faudrait accepter ce qui est ressenti dans ce pays comme une intolérable provocation. Eh bien non! Voyez-vous, la femme chez nous est beaucoup plus qu’une génitrice, elle est la vie même dans sa beauté et sa complexité, elle est le rayon d’espoir du quotidien, elle est une de nos raisons d’espérer, une façon de ressentir en toute chose la joie d’aimer ; c’est le sourire de l’inconnue qui passe, le coup d’œil intéressé de celle que l’on croise, le petit mot lâché au vol, oui, tout cela c’est l’art de vivre français, celui que le monde nous envie. Laissez le nous! Et à tout ceux qu’il dérange, il est nécessaire de dire que se cacher pour une femme, c’est de notre point de vue le signe d’une insupportable aliénation mentale.

Quant à ceux que ces coutumes hérissent, qu’ils se souviennent que le monde est vaste ; qu’ils aillent donc vivre dans les pays anglo-saxons, là où hommes et femmes vivent dans deux sphères qui ne se rapprochent que pour assurer la descendance. Et qu’ils aillent poursuivre là-bas leurs haines, leurs phobies et leurs angoisses devant ce qui fait le charme de nos vies: la différence.